Guide · 8 min de lecture · Mis à jour le 13 juillet 2026

Taxe sur les véhicules de société (TVS) : le guide

L'ancienne TVS a laissé place à deux taxes annuelles : une sur les émissions de CO2, une sur les polluants atmosphériques. Voici qui paie, comment le montant se calcule et comment le réduire pour une flotte de véhicules légers.

En bref

  • La TVS est remplacée par deux taxes annuelles : CO2 et polluants atmosphériques.
  • Concernées : les sociétés qui possèdent, louent ou utilisent des véhicules de tourisme.
  • La taxe CO2 suit un barème progressif selon les émissions ; la taxe polluants un tarif Crit'Air fixe.
  • Les véhicules 100 % électriques ou hydrogène sont exonérés des deux taxes.
  • Déclaration télédéclarée en janvier via l'annexe 3310 A-SD (ou le formulaire 3517).

De la TVS aux deux taxes annuelles

Historiquement, la taxe sur les véhicules de société (TVS) réunissait deux composantes en un seul prélèvement. Depuis 2025, cette taxe unique a disparu au profit de deux taxes annuelles autonomes, calculées et déclarées ensemble mais reposant sur des logiques différentes. On parle toujours de « TVS » par habitude, mais c'est bien de ces deux taxes qu'il s'agit désormais.

Taxe annuelle sur les émissions de CO2

Base : Niveau de CO2 rejeté par le véhicule (méthode WLTP pour les modèles récents).

Logique : Barème progressif par tranches : plus le véhicule émet, plus le tarif marginal grimpe.

Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques

Base : Catégorie Crit'Air du véhicule (norme Euro), qui a remplacé l'ancien critère d'ancienneté.

Logique : Tarif fixe selon 3 catégories : électrique, essence récente, et tout le reste.

Les deux taxes s'additionnent pour un même véhicule. Un véhicule thermique émetteur cumule donc une taxe CO2 élevée et une taxe polluants au tarif plein.

Qui et quels véhicules sont concernés

Ces taxes visent les véhicules de tourisme affectés à une activité économique en France. Le critère n'est pas la propriété mais l'usage : posséder, louer ou simplement utiliser le véhicule pour l'entreprise suffit à déclencher la taxe.

Véhicules concernés

  • Voitures particulières (catégorie M1) : berlines, citadines, SUV, breaks.
  • Certains véhicules N1 à usage de tourisme (pick-up double cabine, dérivés VP).
  • Véhicules en location de longue durée ou en crédit-bail utilisés par la société.

En principe hors champ

  • Utilitaires strictement affectés au transport de marchandises (fourgons, camionnettes N1 sans places arrière).
  • Poids lourds et véhicules de plus de 3,5 t (hors champ de ces taxes).
  • Véhicules exonérés (électrique, accessibilité fauteuil, activités spécifiques).

La frontière VL / VUL est décisive pour savoir si un véhicule est taxable. Pour bien poser ces catégories, voir notre guide sur les types de véhicules en assurance flotte.

Barème de la taxe CO2 et calcul

La taxe annuelle sur les émissions de CO2 se calcule par tranches successives, comme l'impôt sur le revenu. À chaque fraction d'émissions correspond un tarif marginal exprimé en euros par gramme. Voici le barème applicable en 2026 pour les véhicules relevant de la méthode WLTP (immatriculations récentes).

Fraction des émissions (WLTP) Tarif marginal par g/km
Jusqu'à 4 g/km 0 €
De 5 à 45 g/km 1 €
De 46 à 53 g/km 2 €
De 54 à 85 g/km 3 €
De 86 à 105 g/km 4 €
De 106 à 125 g/km 10 €
De 126 à 145 g/km 50 €
De 146 à 165 g/km 60 €
À partir de 166 g/km 65 €

Exemple pour 100 g/km : (45 − 4) × 1 + (53 − 45) × 2 + (85 − 53) × 3 + (100 − 85) × 4 = 213 € par an. Chaque tranche n'est taxée que sur la part des émissions qu'elle recouvre.

Quelques profils chiffrés

100 g/km 213 € / an

Citadine hybride ou petit diesel récent

120 g/km 383 € / an

Berline compacte essence

150 g/km 1 733 € / an

SUV ou break familial thermique

180 g/km 3 608 € / an

Grand SUV ou véhicule puissant

Montants indicatifs calculés selon le barème 2026 (méthode WLTP). Les véhicules plus anciens relèvent d'un barème en puissance administrative distinct. Une fiche d'aide au calcul officielle est disponible sur impots.gouv.fr.

La taxe polluants atmosphériques

Cette taxe a remplacé l'ancienne composante « ancienneté » de la TVS. Elle ne suit pas un barème progressif mais un tarif fixe qui dépend uniquement de la catégorie Crit'Air du véhicule, elle-même liée à sa norme Euro.

Électrique et hydrogène (Crit'Air E)

Exonération totale de cette taxe.

0 € / an

Essence Euro 5 et 6, gaz, hybride (Crit'Air 1)

Tarif réduit pour les véhicules récents peu polluants.

130 € / an

Autres véhicules (diesel, thermiques anciens, non classés)

Tarif plein appliqué à tout ce qui ne rentre pas dans les deux premières catégories.

650 € / an

Ce barème est appelé à se durcir : les montants relevés par les lois de finances successives augmentent d'année en année pour pousser au renouvellement des flottes vers l'électrique et les véhicules Crit'Air 1.

Exonérations et coût de flotte

Certains véhicules échappent totalement aux deux taxes. Bien exploitées, ces exonérations font partie des leviers de pilotage du coût de détention d'un parc.

100 % électrique ou hydrogène

Les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement électrique ou hydrogène (ou une combinaison des deux) sont exonérés des deux taxes. C'est le levier d'optimisation le plus net pour une flotte de véhicules légers.

Véhicules accessibles en fauteuil roulant

Les véhicules affectés au transport de personnes en fauteuil roulant sont exonérés, quel que soit leur mode de motorisation.

Certaines activités spécifiques

Les véhicules destinés à la location, à l'enseignement de la conduite, à un usage agricole, ou exploités comme taxis et VTC bénéficient d'exonérations sous conditions.

Un poste à intégrer au TCO

Ces taxes s'ajoutent au loyer ou à l'amortissement, au carburant, à l'entretien et à l'assurance pour former le coût total de détention (TCO) de chaque véhicule. Sur un parc thermique, elles pèsent lourd : un seul gros SUV très émetteur peut coûter plus de 3 500 € de taxe CO2 par an, auxquels s'ajoute la taxe polluants. À l'échelle d'une flotte, l'arbitrage motorisation devient un vrai sujet financier — au même titre que le budget assurance.

Pour aller plus loin sur le pilotage global d'un parc, voir notre guide de gestion de flotte automobile et notre repère sur le nombre de véhicules qui constitue une flotte. Côté couverture, comparez les prix d'une assurance flotte ou consultez nos offres dédiées aux PME.

Questions fréquentes

Tout ce qu'on nous demande sur la taxe voiture de société et les nouvelles taxes annuelles.

La TVS existe-t-elle encore ?

Non, plus sous ce nom. Depuis 2025, l'ancienne taxe sur les véhicules de société (TVS) a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes : la taxe sur les émissions de CO2 et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques (qui a remplacé l'ancienne composante « ancienneté »). Dans le langage courant, on continue souvent de parler de « TVS », mais le calcul repose désormais sur ces deux taxes.

Quelles entreprises sont concernées par la taxe voiture de société ?

Toutes les sociétés qui possèdent, louent ou utilisent des véhicules de tourisme pour leur activité économique, quelle que soit leur forme juridique. Sont visés les véhicules de catégorie M1 (berlines, SUV) et certains N1 (camionnettes, pick-up) considérés comme des véhicules de tourisme. Les entreprises individuelles relevant du régime micro peuvent en être exclues sous conditions.

Un véhicule utilitaire (VUL) est-il taxé ?

Cela dépend de sa nature. Un utilitaire strictement affecté au transport de marchandises (fourgon, camionnette classée N1 sans places arrière) échappe en principe à ces taxes. En revanche, certains dérivés N1 aménagés comme des véhicules de tourisme (pick-up à double cabine, par exemple) peuvent être requalifiés et taxés. La carte grise et le nombre de places font foi.

Comment échapper légalement à ces taxes ?

La voie la plus directe est de rouler en 100 % électrique ou hydrogène : ces motorisations sont exonérées des deux taxes. Pour une flotte thermique, viser des modèles à faibles émissions de CO2 et classés Crit'Air 1 réduit fortement la facture. C'est un vrai critère de choix au moment de renouveler le parc.

Quand et comment déclarer les taxes sur les véhicules de société ?

La déclaration se fait en janvier de l'année suivant la période d'imposition (l'année civile). Elle est télédéclarée : les redevables au régime réel normal de TVA passent par l'annexe n° 3310 A-SD à la déclaration de TVA ; ceux au régime simplifié utilisent le formulaire n° 3517. Le paiement accompagne la déclaration. Des fiches d'aide au calcul sont disponibles sur impots.gouv.fr.

Ces taxes entrent-elles dans le coût de ma flotte ?

Oui, pleinement. Sur un parc de véhicules légers, elles s'ajoutent au loyer ou à l'amortissement, au carburant, à l'entretien et à l'assurance flotte pour former le coût total de détention (TCO). Un véhicule très émetteur peut coûter plusieurs milliers d'euros de taxe par an à lui seul : c'est un poste à intégrer dès l'arbitrage d'achat.
Devis flotte sur mesure

Maîtrisez le coût total de votre flotte, taxes comprises

Les taxes s'ajoutent à l'assurance dans le budget de votre parc. Nos courtiers comparent les offres flotte et vous présentent les 3 meilleurs devis sous 24 h.

100 % gratuit
Sans engagement
Réponse sous 24 h